Le Royaume de Majorque |  |  |
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Au XIIIème siècle, Jaume Ier, appelé le Conquérant car il a ajouté de nombreux territoires, divise son royaume entre ses deux fils ; il cède à Pierre l’aîné, l’Aragon et à Jacques le cadet, le Roussillon et les îles Baléares (Royaume de Majorque). Entre 1276 et 1344, les comtés du nord des Pyrénées –ainsi que Montpellier- font partie de l’éphémère royaume de Majorque qui va durer 68 ans. La paix et la prospérité vont être de courte durée puisque le frère aîné de Jacques II de Majorque, Pierre d’Aragon ne va jamais accepter ce partage ; ses héritiers vont prendre la relève pour contester cette partition jusqu’à ce que le royaume de Majorque, vaincu, prête allégeance à la couronne d’Aragon Pendant les guerres et conflits qui vont se poursuivre au XIVème siècle, l’extraction minière prend un nouvel essor à Vernet alors que les forges étaient sur le point de disparaître à cause de la pénurie du bois. Plus tard, les partisans de Vernet du roi Jacques III de Majorque vont payer durement leur soutien à ce dernier et Les communautés de Vernet, de Cerdagne et de Conflent sont surtaxées. Par comble de malchance, ce funeste XIVème siècle voit l’apparition d’un fléau comme la peste noire qui fauche une bonne moitié de la population.
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Luttes fratricides |  |  |
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Au XVème siècle, Ferdinand le Catholique est roi de Castille. Ses successeurs devenus aussi rois d’Aragon, héritent de la Catalogne ainsi que du Roussillon, de la Cerdagne et du Conflent.. L’ensemble du territoire se retrouve sous domination espagnole en conflit avec la France. Louis XI, prêteur de fonds, occupe les places fortes du Roussillon pour se rembourser ; son fils Charles VIII va les rétrocèder ensuite (en 1493) aux espagnols, (Couronne d’Aragon, pour se consacrer à la conquête du Royaume de Naples). En 1630, c’est la guerre de trente ans. Richelieu est ministre de Louis XIII ; on se bat dans le nord de l’Europe où l’Espagne possède les Pays-Bas et en Roussillon où les troupes françaises « démantèlent le château de Vernet » en 1654. En 1659, c’est le traité des Pyrénées qui donne les comtés du Nord des Pyrénées à la France et ceux du Sud des à l’Espagne. L’idée d’une grande Catalogne a vécu et cette partition entraînera un ressentiment durable. En 1660, l’administration royale française a du mal à s’imposer et des conflits ont lieu à propos de l’instauration d’impôts dont les catalans étaient exempts (ex : institution de la gabelle). 1667-1668 : révolte des « angelets » qui luttent contre l’instauration de l’impôt sur le sel et contre la perte de leurs anciens droits. Cette révolte est réprimée dans un bain de sang à Vernet.
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Au royaume de France |  |  |
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A partir de 1678, Vauban fortifie les places du Roussillon afin de protéger la frontière (la France et l’Espagne étaient encore en conflit). Mont-Louis, Villefranche- de-Conflent, Arles sur Tech, Collioure, Bellegarde et surtout Perpignan forment un nouveau réseau défensif. Le Roussillon connaît à cette époque une grave crise économique et un recul démographique. En 1698, l’abbé de Saint-Martin du Canigou décide de la construction d’ un hôpital militaire près de la piscine commune d’eau thermale où l’on se baignait pêle-mêle dans des conditions insalubres. En 1710, à Vernet, une inondation détruit tout le village primitif de Villalonga (installé sur la rive gauche du Cadi) et les bains de Vernet sont détruits par un incendie. En 1715, au moment de la mort de Louis Louis XIV, le Roussillon, la Cerdagne et le Conflent sont rattachés au Royaume de France mais ne sont pas pour autant considérés comme français à part entière. En 1733, la royauté décide de retirer les garnisons françaises et de confier la protection des fortifications aux autochtones. Au milieu du XVIIIème siècle, l’économie de la province est plus stable mais elle ne bénéficie pas de l’essor du Languedoc voisin (ou de la Catalogne au sud des Pyrénées).
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Les ressources naturelles |  |  |
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En 1754, Sous le règne de Louis XV, un médecin de Montpellier, Venel, remarque les vertus thérapeutiques de l’eau thermale de Vernet mais regrette le délabrement ou l’inexistence des équipements. L’abbé de Saint-Martin du Canigou –propriétaire des thermes- est sommé de les remettre en état les bains ou de les céder. En 1783, l’abbaye de Saint Martin du Canigou est abandonnée et Vernet perd son statut de terre d’église. En 1788, les bains sont vendus au docteur Pierre de Barrera qui restaure le tout, installe des baignoires et des cabines, promet la gratuité des bains pour les pauvres de Vernet et entreprend la construction d’un véritable établissement thermal. En 1789, la révolution française éclate et la province du Roussillon (avec quelques communautés languedociennes du Fenouillèdes) devient en 1790, le département des Pyrénées Orientales. A Vernet , l’établissement thermal change de mains et une nouvelle source est découverte tandis les conflits s’aggravent en Conflent où les espagnols s’emparent de Villefranche. Le général Dagobert va contourner les espagnols par la vallée de l’Aude et reprendre Villefranche. En 1795, après la mort de Robespierre, la paix est signée entre la France et l’Espagne mais la guerre a des effets désastreux sur le département et lorsque Bonaparte s’empare du pouvoir en 1799, les Pyrénées Orientales sont submergées par des problèmes internes. Entre 1800 et 1808, l’heure est à la reconstruction et si la relance économique est difficile, la métallurgie renaît en Conflent . A Partir de 1808, la guerre avec l’Espagne fait s’effondrer à nouveau l’économie du département et à cette époque (premier quart du XIXème siècle) , les habitants des Pyrénées-Orientales semblent avoir définitivement adopté la nationalité française. Le département connait une période de mutations et même si la situation reste difficile, l’agriculture et la viticulture se développent, les activités touristiques commencent aussi à s’implanter et le thermalisme connait un vif succès auprès des classes dirigeantes dans les stations de Vernet, Molitg et Amélie les Bains. |
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Le thermalisme
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En 1833, un habitant de Vernet, Monsieur Mercader fait des sondages sur son terrain situé sur la rive droite du Cadi et trouve trois sources d’eau sulfureuse. L’exploitation va commencer avec la construction de l’établissement « les thermes Mercader » pour recevoir les curistes. En 1834, Monsieur Morat, propriétaire des premiers bains (ceux de la rive gauche) revend ces derniers à Messieurs de Lacvivier et Couderc –appelés les Commandants- qui vont construire le bel établissement plus tard appelé l’hôtel Ibrahim Pacha. Vernet commence à jouir d’une certaine notoriété et le professeur Anglade de Montpellier attribue cet engouement du public pour Vernet à la « beauté du site, la pureté de l’air qu’on y respire…efficacité de l’eau… » et ses « résultats thérapeutiques les plus encourageants ». Un confrère du professeur Anglade, le professeur Lallemand a comme patient le fils du pacha d’Egypte et de Constantinople, le prince Ibrahim Pacha. En 1846, il lui prescrit un séjour à Vernet ; le prince va défrayer la chronique sociale et mondaine et doter Vernet d’une notoriété inédite à la fin du XIXème siècle, au cours de la belle époque. A partir de 1855, le réseau de chemins de fer est mis en place sur l’ensemble du département. En 1861, la concession minière de Vernet est réouverte et les petites exploitations chez les particuliers se multiplient, la production étant stimulée par les perspectives de l’arrivée du chemin de fer à Villefranche de Conflent.
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